Texte aux lycéens


     Il s’adresse à toute personne de nationalité française âgées de 15 à 17 ans et comporte 3 phases :

•  un séjour de « cohésion » de 12 jours dans un département autre que le sien, encadré par des animateurs et des militaires. (levée du drapeau, chant guerrier, uniforme, parcours du combattant, raid commando…).

•  une mission d’intérêt général de 84 heures réparties au cours de l’année. Des stages sont proposés au cours de vacances scolaires.  

•  une période d’engagement facultative, de 3 mois, entre 16 et 25 ans. (non soumis au droit du travail, qui vise à accoutumer aux postes sous-payés, et à subvenir aux 200 000 postes supprimés dans les associations  depuis 2006/2007).

     Il s’agit d’inculquer un esprit d’obéissance aux règles, un respect absolu des normes… Règles et normes qui, pour la plupart, ne visent qu’à perpétuer les inégalités et injustices inhérentes à l’organisation actuelle de la société. Cette volonté de soumission passe aussi par un contrôle renforcé, notamment à travers la mise en fiches de chaque jeune de 16 à 25 ans.

     Pendant 4 ans, le gouvernement a essayé de déployer ce dispositif sur la base du volontariat tout en ayant l’intention de le rendre à terme obligatoire. En  2022, seulement 32 000 volontaires sur l’objectif très modeste de 50 000 ont répondu à l’appel.

Devant ce fiasco, le gouvernement a décidé en 2023 d’utiliser l’Education Nationale pour imposer cette tentative de caporalisation de la jeunesse.

     Or l’Education Nationale a pour rôle de former de futurs citoyens en développant leur esprit critique ce qui est totalement contradictoire avec un formatage militariste au service d’un « grand réarmement » général. De plus, le SNU va coûter des milliards qui seraient bien utiles à l’enseignement (suppression dernièrement de 691 millions d’euros à l’Education Nationale et de 904 millions à l’enseignement supérieur et la Recherche).

L’Armée est intéressée par ce dispositif : elle subit depuis des années des difficultés de recrutement, de multiples démissions d’engagé.es, voire de désertions ! Endoctriner des élèves dès l’âge de 15 ans et dépister de futures recrues représente pour elle une solution.

  Officiellement le SNU n’est pas obligatoire mais le gouvernement fait miroiter des avantages pour parcours-sup et multiplie les contraintes pour l’imposer :

    D’abord il crée des « classes engagées » dont le « planning » contient automatiquement le séjour de « cohésion » du SNU.

     Et c’est la même situation avec les stages en entreprise en Juin : à ceux qui ne trouveront pas de stage on propose le SNU. Or trouver un stage est difficile, surtout pour les jeunes issus de milieux défavorisés.