Texte aux enseignants (septembre 2023)

1-https://en-marche.fr/articles/discours/emmanuel-macron-discours-sur-la-defense-programme-hotel-arts-et-metiers
2-https://lcp.fr/actualites/loi-de-programmation-militaire-le-snu-s-invite-dans-les-debats-a-l-assemblee-190440

https://www.senat.fr/salle-de-presse/communiques-de-presse/presse/cp20230309b.html

une accélération de la mise en place du SNU

À partir de la rentrée de septembre 2023, deux dispositifs du SNU vont coexister :

1)  https://www.cafepedagogique.net/2023/06/16/snu-ce-sera-sur-temps-scolaire-pour-leslycees-volontaires/
2)  https://www.cafepedagogique.net/2023/06/16/snu-ce-sera-sur-temps-scolaire-pour-leslycees-volontaires/
2023 : création des « classes d’engagement » pour accélérer la mise en place du SNU.
1)https://www.education.gouv.fr/bo/16/Hebdo26/MENE1600477X. htm?cid_bo=10412114
La mise en place de ces « classes d’engagement » implique directement l’Éducation nationale. Il s’agit pour Macron d’assigner aux personnels le rôle de promoteurs de l’armée et de la militarisation de l’enseignement. Cela participe du processus d’entreprise de soumission de la jeunesse, de renforcement de la militarisation de société, de développement du nationalisme. C’est un tournant majeur dans l’objectif de rendre le SNU obligatoire. De plus, le SNU serait un des éléments de la transformation de l’école. En lycée la réforme Blanquer impulsée par Macron, avec la casse du bac national, a provoqué une désorganisation du temps scolaire. Les « classes engagement », prévoyant encore de nouvelles absences sur le temps scolaire, participe de cette désorganisation et de l’accroissement de la difficulté scolaire pour une partie des lycéens.
Un large front (intersyndicale enseignante, syndicats lycéens et FCPE) s’est constitué contre la généralisation du SNU dans les lycées. Les stages de cohésion comme les « classes engagement » ne sont en aucune façon obligatoires (il n’y a pas de texte réglementaire). Les CA des établissements doivent être consultés et peuvent s’y opposer. Les personnels des lycées sont totalement dans leur droit s’ils et elles refusent de collaborer à la mise en place de ces classes dans leur établissement.

le « parcours innovant de défense »

Le schéma ci-dessous montre que le SNU n’est pas conçu comme un élément isolé. Il s’agit d’organiser un lien entre le système éducatif et l’armée non pas de façon ponctuelle, mais tout au long de l’adolescence :

Infographie extraite du Plan « Ambition-jeunesse » (https://www.defense.gouv.fr/sga/au-service-nation-du-public/jeunesse/plan-ambition-armees-jeunesse)

• les « cadets de la défense » depuis 2008 : dispositif qui s’adresse aux élèves de collège et aussi de lycée. Il s’agit cette fois d’accueillir dans le cadre d’un partenariat, des élèves de 14 à 16 ans dans une unité militaire située à proximité d’un établissement (hors temps scolaire) ; le dispositif s’étend sur plusieurs jours ;

 • les « classes de défense et de sécurité globale » crées en 2005 : il s’agit pour l’essentiel de partenariats subventionnés (ou non) entre une classe et une entité de l’armée ou un acteur de sécurité (police, pompiers, sécurité civile, douanes). Elles prévoient « des temps de rencontre et d’échanges avec des militaires menés tout au long de l’année », militaires qui « incarnent l’engagement et les valeurs citoyennes » (sic). Leur objectif est de « transmettre aux jeunes les repères, les savoirs et les valeurs dont ils ont besoin pour construire leur capacité d’engagement et de résilience ». Il s’agit de « resserrer les liens armée-jeunesse ».

Le « pacte enseignant » est refusé par une large intersyndicale, et rejeté massivement par les personnels. Et pour cause : loin d’une hausse générale des salaires… il entend mettre en place des hiérarchies intermédiaires, annualiser le temps de service, porter atteinte à la liberté pédagogique, alourdir le temps de travail. Bref, attaquer les statuts des personnels.

Il s’articule aussi avec le SNU : les personnels qui encadreront une « classe engagement » (SNU) ou une « classe défense », ou qui auront été nommé.es comme « référent·es SNU » seront rémunérés pour ces tâches par le « pacte ». Autrement dit : signer le « pacte » ce n’est pas participer à un projet pédagogique, c’est d’abord se retrouver en position d’exécutant·e des orientations politiques du gouvernement.

Avec le « pacte enseignant », il s’agit pour le gouvernement de faire en sorte que les personnels contribuent à mettre en cause eux/elles-mêmes leurs conditions de travail et leurs garanties statutaires, voire se transforment en agents de la militarisation de l’école et de la société. Il n’est pas étonnant que les personnels le refusent !

NB : La circulaire de rentrée 2023, fixe entre autres l’objectif de « promouvoir la culture de l’engagement des élèves ». « En complément des enseignements, la nouvelle démarche de labellisation des “classes et lycées engagés” viendra valoriser et accélérer la dynamique en faveur de l’engagement, notamment dans le cadre des séjours de cohésion du Service national universel (SNU) ».

 https://www.education.gouv.fr/bo/2023/Hebdo27/MENE2318816C

« Nos élèves ont besoin d’École, pas de SNU !

Pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, le fait que les élèves de lycée puissent relever à la fois de l’Éducation nationale et de l’Armée va à l’encontre de leur travail quotidien de formation de citoyen·nes libres, disposant d’un esprit critique, s’appropriant les notions d’engagement, de responsabilité et de solidarité ».
Extraits du Communiqué intersyndical sur le SNU, 10 juin 2023
(FSU, Sgen-CFDT, FNEC-FO, Ferc-CGT, Snalc, éducation-SUD, VL, FIDL, MNL, FCPE)

Texte de référence du collectif « non au SNU »

Une opération de soumission de la jeunesse : il s’agit d’inculquer un esprit d’obéissance aux règles, un respect absolu des normes… Règles et normes qui, pour la plupart, ne visent qu’à perpétuer les inégalités et injustices inhérentes à l’organisation actuelle de la société. Cette volonté de soumission passe aussi par un contrôle renforcé, notamment à travers la mise en fiches de tous les jeunes de 16 à 25 ans ; on sait comment ce genre de fichier peut être utilisé ! Volonté de soumission, enfin, car elle ne reconnaît comme « engagement » des jeunes que les dispositifs étatiques.

La remise en cause des droits des travailleurs et travailleuses : les jeunes du SNU seront utilisé/es pour remplacer des emplois aujourd’hui occupés par des employé/es qui ont un salaire, une convention collective ou un statut, la possibi-lité de s’organiser syndicalement, des droits individuels et collectifs. Avec le SNU, chaque année, 800 000 jeunes seront exploité/es, sans aucun de ces droits, pour des durées variables ; ils et elles seront très vivement encouragé.es à pour-suivre leur « engagement volontaire » par un service civique, dans les mêmes conditions de précarité.

Des dépenses considérables : 6 milliards €/an, selon un rapport sénatorial de 2017. Ces milliards seraient bien plus utiles pour le service public de l’Éducation, qu’aux mains des militaires !

Le renforcement de la militarisation. Encadrement militaire, levée du drapeau, chant guerrier, uniforme, parcours du combattant, raid commando, etc. contribueront à l’endoctrinement des jeunes. La propagande visera à banaliser encore plus le rôle de l’armée, alors que celle-ci est en pointe dans la répression, sur le territoire français, dans les colonies et diverses régions du monde. Sans surprise, il n’est nullement question dans le programme de pacifisme, de non-violence, ni de remise en cause du rôle de l’armée.

Le gouvernement nous dit : Il faut que les jeunes s’engagent. Mais c’est déjà le cas !

Ils et elles s’engagent pour lutter contre le racisme, pour que cesse la destruction de la terre, pour défendre leur droit à étudier, pour le partage des richesses, pour le droit au logement, pour l’égalité des droits et contre les discriminations, etc.

Ce n’est pas à l’État de les forcer à s’engager !

Comment peut-on parler d’apprendre la citoyenneté, lorsqu’on confie l’encadrement à l’armée (qui, par ailleurs, n’était pas demandeuse) ?

Non au SNU ! Abrogation du SNU !

Campagne unitaire contre le SNU : Union pacifiste, Union syndicale Solidaires, ASSO-Solidaires, Solidaires Lycéen·nes région parisienne, Fédération Solidaires Étudiant·e·s, Fédération SUD éducation, SUNDEP Solidaires Sud Enseignement privé, Solidaires Jeunesse et Sports, Fédération SUD Collectivités territoriales, Fédération Éducation de la Confédération nationale du travail, CNT Santé, Éducation, Social et Territoriale de Lorraine, Syndicat unifié du bâtiment de la région parisienne de la Confédération nationale du travail, Fédération éducation/recherche de la CNTSO, Émancipation tendance intersyndicale, Les Jeunesses Syndicalistes, Mouvement National Lycéen, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, Fédération nationale de la Libre Pensée, Droits Devant !!, Ni guerres ni état de guerre, Causes communes, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, Réseau des Centres de Recherche, d’Étude et de Formation à l’Animation et au Développement, Mouvement de la paix, ATTAC-France, Stop Fuelling War, Abolition des armes nucléaires–Maison de Vigilance, Mouvement de l’objection de conscience Nancy, GRATLIB, Queer Education, Fédération Nationale Laïque des Amis des Monuments Pacifistes, Parti Communiste des Ouvriers de France, Europe Écologie–Les Verts, Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, L’insurgé, Les Jeunes écologistes, Union des Jeunes Révolutionnaires, Union Prolétarienne ML, Unité Communiste de Lyon, Groupe libertaire Jules Durand, Pour une Écologie Populaire et Sociale, Mouvement Résilience, Alternatives et autogestion, Cercle 49, Radio-Libertaire, Revue Silence, Cerises la coopérative, Questions de classes, L’Allume-Feu, Arc en ciel théâtre réseau coopératif, Un jour pour la paix à Embrun, Mouvement pour une alternative non-violente (MAN). Collectifs locaux unitaires Non au SNU Loire-Atlantique, Lyon, Bordeaux, Angoulême, Nancy, Chambéry, Hérault, Vendée, Vosges…

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